La lutte doit se radicaliser pour préparer la Révolution ! 
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Pas de socialisme sans auto-organisation populaire
Au moment où des responsables politiques socialistes comme Bertrand Delanöe déclarent que le libéralisme de gauche est l’avenir, le pays prend de plein fouet les effets du libéralisme de droite qui enfonce davantage chaque jour les couches populaires et les couches moyennes dans des difficultés grandissantes.
La hausse du prix des carburants, de l’alimentation, la politique féroce du pouvoir contre les étrangers en sitution irrégulière, la fascisation rampante de la société avec le flicage des chômeurs, l’installation de dispositifs renforçant le contrôle social et la précarité comme le RSA, la casse des services publics, le transfert des charges sur les collectivités, la défiscalisation progressive du capital, la mansuétude à l’égard des patrons voyous, toute cette politique est en rupture totale avec la France républicaine, celle des Lumières et du progrès social.
De nombreux citoyens se demandent si "ça va péter ?". Tous les ingrédients sont effectivement présents pour une explosion sociale. A tout moment, malgré les tentatives de régulation des partis traditionnels et des directions syndicales pour beaucoup bureaucratisées, les masses peuvent donner de la voix par des actions qui ne seront pas contrôlées et qui pourraient revêtir un caractère massif sur tout le territoire et dont la forme de lutte sera peut-être extrêmement violente. Les révoltes des banlieues ne sont pas si éloignées et l’ensemble de l’appareil politique a vite oublié les promesses tenues pour se consacrer surtout à la satisfaction des exigences des capitalistes plutôt qu’à celles de la jeunesse et des milieux populaires.
La crise du logement est telle qu’elle peut être l’un des facteurs de déclenchement de la révolte comme pourrait aussi l’être le fait que des millions de gens dans notre pays ne mangent pas à leur faim.
Il faut donc s’attendre à une explosion dont la force risquerait d’en surprendre plus d’un, en particulier parmi les hommes politiques à qui, quels qu’ils soient, des comptes seront demandés à juste titre.
L’Histoire cependant montre que les révoltes n’aboutissent qu’à des impasses souvent tragiques, toujours douloureuses, si elles ne se transforment pas en mouvement politique conscient des enjeux, des responsables et des perspectives à construire. Autrement dit la situation appelle à un dépasssement des conceptions traditionnelles de la gauche qui a fait faillite et dont les tentatives de recomposition apparaissent comme des gesticulations bien ridicules face à l’ampleur des problèmes posés.
La situation appelle à travailler à l’auto-organisation populaire de la révolution qui peut connaître dans les prochains mois ses premières tentatives et dont la dimension ne sera pas seulement nationale mais aura des relations permanentes avec les mouvements populaires de toutes les nations en particulier avec ceux de l’Amérique Latine qui sont à ce jour les plus avancés en matière de développement démocratique. Pour le moment, il serait suicidaire pour les exploités de participer à des actions de révolte dépourvues de direction et d’organisation et qui seraient vite réprimées, la bourgeoisie étant prête à utiliser la violence armée pour écraser tout mouvement. Seule la démocratie permanente du mouvement populaire peut déjouer les pièges et la répression que la classe dominante utilise pour maintenir son hégémonie.
L’appareil médiatico-idéologique est de ce point de vue l’un des instruments des plus perfides utilisés contre les gens. Les idées les plus obscurantistes y sont développées, les sciences y sont généralement présentées coupées de leurs origines historiques et de leur contexte social, la censure sur les initiatives populaires et les luttes, sur la vie démocratique y est généralement exercée puisque celles-ci sont présentées comme des facteurs de régression et non de progrès. L’idéologie individualiste et le culte de l’argent sont glorifiés jusque dans certains dessins animés. La télévision donne une image de la société telle que la pensent les exploiteurs : le capitalisme serait un horizon indépassable secrétant fatalement la richesse pour une minorité digne d’être la classe dirigeante, aux autres de se débrouiller pour parvenir là où les puissants ont laissé quelques miettes à se partager, quant aux prolétaires, qu’ils ne se fassent aucune illusion, leur sort est jeté depuis la nuit des temps : qu’ils se satisfassent de leur dose de fantasmes quotidiens pour accepter leur condition de gueux puisque il en a été ainsi de tout temps.
A contrario l’éducation populaire à l’organisation démocratique autonome du peuple est une condition des succès à venir qui n’exclut pas des formes de luttes importantes pouvant revêtir un caractère non-violent comme les occupations d’entreprises, le blogage des transports, l’intervention des citoyens dans les assemblées élues et les conseils d’administration, la revendication d’une utilisation de l’argent pour les besoins populaires dans tous les lieux de décision, l’organisation d’assemblées générales de citoyens et de salariés partout où eux mêmes le décideront, assemblées qui seront souveraines dans la conduite des luttes.
Il suffit d’observer la peur panique qui tenaille les politiciens et les puissants dès que des citoyens commencent à exprimer leur volonté de participer à la conduite des affaires sociales, économiques et politiques en contestant la fatalité de l’ordre existant. La moindre pétition, la moindre initiative qui sort du cadre de la pensée dominante est vécue par eux comme une insupportable agression, une provocation qui leur conteste leur sacro-saint pouvoir ; La démocratie n’est pour eux qu’une permanente concession à la lutte de classes. La preuve en est que dès que les prolétaires se divisent, que leur unité s’affaiblit, la démocratie recule. Il suffit pourtant de peu en réalité pour que le mouvement démocratique reprenne du poil de la bête : il suffit en vérité de recréer l’espoir par un travail sur la conscience même que le mouvement populaire a de lui, en combattant résolument l’idée qu’il n’existe pas, qu’il n’a pas de rôle historique. Or le mouvement populaire est la société même en action dans le travail, la création, et comme un enfant encore en devenir, il lui manque la pleine conscience de ses possibilités transformatrices maintenu qu’il est dans la domination d’une classe qui n’existe que par l’exploitation.

L’histoire montre que le mouvement populaire peut aller jusqu’à la grève générale et à la désobéissance civile, instruments politiques des grandes masses exclues du pouvoir et décidés démocratiquement. Ceux-ci devraient conduire à l’organisation de nouveaux scrutins électoraux avec abolition de toutes les mesures anti-populaires et discriminatoires qui interdisent aux étrangers de voter et d’être candidat, tout comme les mesures scélérates qui obligent les candidats à payer leurs frais de campagne électorale, procédé inique qui exclut de fait les candidats des milieux populaires. Ces élections pourront faire l’objet d’assemblées préparatoires dans les quartiers, les entreprises, afin d’élaborer des programmes issus du peuple et non des seuls partis politiques.
Le mouvement par sa détermination et son objectif posera inéluctablement la question de la création de nouvelles institutions qui devront être fondées sur une véritable séparation des pouvoirs éxécutif, législatif et judiciaire y compris en créant un quatrième pouvoir, celui de la démocratie participative ou d"émocratie d’engagement, qui établit une relation entre les conseils populaires de base réunissant tous les citoyens sans discrimination et les autres pouvoirs constitutionnels, quatrième pouvoir qui devra être reconnu lui-même par la Constitution de la VIeme république.
Ceux qui ont abandonné la Révolution ont perdu l’essentiel : ce qui est en œuvre au sein même de la vieille société et qui jaillira sans qu’ils n’y comprennent rien, dépassés qu’ils seront par l’histoire. Les dirigeants de la gauche pour la plupart d’entre eux ont tout trahi, plus préoccupés par leurs postes que par l’essentiel qui bouillonne en silence dans les soubassements de la société de classe…ils ont confondu l’apparence et l’essence, et l’idéologie dominante les a dressés en définitive à devenir les chiens de garde du capital. Mais ce qui se prépare est tel que nos modes de pensée seront eux-mêmes totalement dépassés et qu’il nous faudra inventer, il nous faut créer une imagination rebelle nouvelle pour faire face à la barbarie contre laquelle pourra surgir la vraie civilisation, à la mesure de chaque homme, de chaque femme, à la mesure de l’épanouissement de chaque individu.
L’analyse de l’évolution des forces productives est le socle de notre connaissance sociale pour mener la lutte de classes vers l’objectif d’une société sans classe mais j’ajouterai à celle-ci beaucoup de poésie, d’humilité pour que nous ne nous prenions pas trop au sérieux, juste ce qu’il faut pour continuer à rêver, à lutter, à être libres et à rester humains en prenant garde en permanence aux dérives qui guettent le socialisme car l’ancien revient toujours à pas de charge dans le nouveau ! Et il nous appartient d’en garder le meilleur pour en jeter le pire.
Oui, demain il n’y aura plus d’enfant qui aura faim, plus de jeune exclu de toute reconnaissance sociale, plus de vieux dans la misère et l’abandon, plus de travailleur méprisé jusqu’à en venir au suicide ! L’unité du peuple et son auto-organisation révolutionnaire et démocratique vont bousculer les vieilles idées et donner à la société ce qu’elle attend : la liberté de chaque individu de créer, d’être libéré de la course au fric, celle d’agir pour le bien commun et le progrès humain en mettant la productivité du travail au service de tous sans discrimination.
La révolution se prépare maintenant, au quotidien, dans nos quartiers, dans les entreprises, dans les lycées et universités, sur internet. elle surprendra, elle inventera, elle sera notre oeuvre à tous. A chacun de s’y engager pour que l’émancipation devienne notre réalité.

Jean-Paul LEGRAND
militant communiste
Maire adjoint PCF de Creil
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