Camilo Guevara, c’est le deuxième né des quatre enfants d’un certain Ernesto Guevara de la Serna. Il a 46 ans aujourd’hui et exerce à la Havane les fonctions de directeur du Centre d’études Che-Guevara.
Du 7 mars au 7 mai prochain il nous fera découvrir une facette méconnue du révolutionnaire, sa passion pour la photographie. L’exposition qui aura lieu au Barrio Latino (46-48, rue du Faubourg-Saint-Antoine, Paris 12e) nous montrera les photos prises entre 1950 et 1960 par le Che durant ses voyages ainsi que des photos inédites et plus intimes de sa famille et de sa vie privée.
" Mon père était un artiste "
D'un ton sec, il commence par refuser de faire une petite visite de l'exposition. " C'est l'accrochage, il y a du monde, trop de bruit. " Les commentaires se feront donc depuis le divan moelleux du " bar cubain ", au 2e étage du Barrio Latino (Paris XI e ). Puis Camilo Guevara, un grand costaud à catogan, tempête à l'idée de poser pour une photo. Sans lésiner sur les conseils. " Soyez professionnel ! Vous n'avez qu'à me prendre quand je parle. " Quand, enfin, on lui demande de se tourner au moins vers la lumière du jour, le quadra cubain maugrée : " Un photographe, ça prend des photos, ça ne parle pas autant. Vous avez bien un flash, non ? "
" Le Che est le symbole d'une vision de la vie, d'un engagement social "
On ne sait si son père aimait à ce point la lumière artificielle. C'est en tout cas pour ses talents de photographe - il fut un temps reporter - que l'icône révolutionnaire, exécutée en 1967 en Bolivie, est honorée à Paris. A l'occasion des quarante ans de sa disparition, le Barrio Latino expose, jusqu'au 7 mai, une centaine de ses clichés. Pas ceux du Che, célébrissimes, pris par Korda ou René Burri. Non, les photos réalisées par le guérillero lui-même. Des images d'architecture, de sport, des scènes de la vie quotidienne rapportées tout au long de sa vie et de ses multiples voyages. Etrangement, il y a très peu de photos des campagnes militaires : " Beaucoup de ses photos ont été perdues ou détruites, explique son fils. Celles de la guerre, notamment. Les photos que nous avons choisies montrent un autre visage de cet homme. Mon père était vraiment un artiste dans tout ce qu'il faisait. Un esthète engagé. " Disons-le tout net : le Che n'est pas Robert Capa et ses photos ne valent pas forcément les 5 € de l'entrée. Mais les tirages d'époque devraient plonger ses admirateurs dans une sorte de catalepsie romantique. Même si, comme souvent avec Cuba, la politique n'est pas bien loin. " Le Che est le symbole d'une vision de la vie, d'un engagement social. Il a évidemment une signification politique ", confirme Camilo Guevara. Assez pour regarder l'exposition " le Che photographe " comme un coup de pub du gouvernement de Cuba ? " Non, on l'a créée pour que le public puisse en savoir plus sur mon père à travers ses photos. Mais si ces photos peuvent aider notre Révolution, de quelque manière que soit, c'est parfait. "
" Le Che photographe ", au Barrio Latino, 46-48, rue du Faubourg-Saint-Antoine, Paris XI e . Ouvert du mardi au dimanche inclus, de 11 heures à 17 heures. Entrée : 5 €. Tarif réduit : 3 €.
Le Ché (rasé de près) avec Camilo.
(remerciements à Odile qui m'a donné l'info)
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1. pineau Le 20/03/2007 à 22:29
2. filain Le 24/03/2007 à 12:06
3. Chien Guevara Le 25/03/2007 à 23:14
4. Chien Guevara Le 15/04/2007 à 02:12
5. leticia Le 21/04/2007 à 09:58
6. mafalda Le 24/04/2007 à 16:12
7. Chien Guevara Le 10/05/2007 à 22:59
8. verbeiren luc Le 17/02/2008 à 20:36
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