Lettre d'une anarcho-autonome

Une militante présumée de l'ultra-gauche relâchée

 

Isa, soupçonnée d’appartenir à la "mouvance anarcho-autonome", groupuscule d’ultra-gauche qui aurait pour ambition de déstabiliser l’Etat, est libérée après plus d'un an de détention.

La cour d'appel de Paris a ordonné mardi 10 février, contre l'avis du parquet général, la remise en liberté d'Isa, une jeune femme présentée comme membre de l'ultra-gauche et incarcérée depuis plus d'un an dans une affaire terroriste, a annoncé à l'AFP son avocat Me Jean-Alain Michel.
La chambre de l'instruction, qui est chargée de contrôler le travail des juges, avait été saisie par Me Jean-Alain Michel qui s'opposait à une mesure de prolongation de la détention provisoire de sa cliente prononcée le 15 janvier.
Lors de l'audience du 6 janvier, le parquet général avait requis le maintien en détention d'Isa. L'arrêt avait été mis en délibéré. La jeune femme, incarcérée à Versailles, doit être remise en liberté dans la journée.


Contrôle judiciaire

Placée sous contrôle judiciaire, elle a l'interdiction de quitter le territoire français, d'entrer en contact avec les autres mis en cause du dossier et devra pointer à un commissariat, a indiqué son avocat qui s'est déclaré "très satisfait" de l'arrêt de la cour d'appel.
Isa est accusée d’avoir tenté d’incendier un véhicule de police pendant les élections présidentielles en 2007, d’avoir eu en sa possession les plans de l’établissement pour mineurs de Porcheville, d’être détentrice de manuels de sabotage et de chlorate de soude.
Sa trace ADN correspondrait à celle retrouvée sur les bouteilles d’essence découvertes sous la voiture de police devant le commissariat du 18ème arrondissement de Paris.
ais surtout, Isa est soupçonnée d’appartenir à la fameuse "mouvance anarcho-autonome", groupuscule d’ultra-gauche qui aurait pour ambition de déstabiliser l’Etat, et qui prônerait l’action violente pour y parvenir.
Isa est donc mise en examen, comme trois autres personnes pour "association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste".

 

 

La lettre d'Isa envoyée depuis sa prison

 

La lettre d'Isa, envoyée le 25 janvier 2009 depuis la prison de Versailles.

« Ce qui est présupposé dans cette affaire est l'existence d'une mouvance anarcho-autonome qui plus est terroriste. Cette idée s'appuie sur un rapport de police qui désigne des individus ayant « la haine de l'Etat bourgeois, du capitalisme, et de ses appareils ». Il y a dans ces désignations floues, inconsistantes et insaisissables un caractère extensible, malléable à volonté… Dans mon ordonnance de prolongation de la détention provisoire, il est écrit que « l'intéressée est mise en cause pour avoir joué un rôle actif au sein de la mouvance anarcho-autonome francilienne, s'adonnant à la préparation d'actes de terrorisme », que « l'enquête a montré l'existence de nombreux actes imputables à la mouvance anarchiste à laquelle la mise en examen est susceptible d'appartenir, traduisant ainsi la radicalisation de ce mouvement depuis le début de l'année 2007 » et qu'il existe un risque de poursuite ou renouvellement des infractions « compte tenu de la dangerosité des objectifs affichés de l'organisation à laquelle la mise en examen est susceptible d'appartenir ».
Jusqu'aujourd'hui, je ne sais toujours pas en quoi cela consiste et pourquoi à titre individuel devrions nous [Isa, Juan et Damien sont inculpés pour la meme affaire] payer pour tous les actes imputés à une mouvance qui plus est fantasmée. En fait, la tentative qui est opérée est de faire croire que les faits qui nous sont reprochés rendraient compte de la réalité d'une mouvance
anarcho-autonome: le montage politique impose sa logique sur toute l'instruction. D'ailleurs on ne sait plus trop de quoi on parle : l'engin incendiaire serait une bombe, le chlorate (désherbant, utile aussi pour faire des fumigènes) deviendrait de l'explosif, quelques pétards également une charge explosive, etc… L'emploi, le sens des mots pourra passer au second plan, celui de terroriste les surpasse tous ! Ce n'est pas pour rien que le JLD relève « la complexité des investigations »,
9 dossiers de 15 cm d'épaisseur à propos de lectures, de photos, de nos vies épluchées, passées au peigne fin, d'écoutes téléphoniques, dont l'essentiel est de l'ordre du renseignement et du profilage. »

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