Les Bérus riaient noir

L'onde de choc née de l'explosion punk de 1977 a mis quelques années à traverser la Manche. Ce n'est qu'au milieu des années 1980 qu'on peut identifier en France une scène alternative unie, existant par elle-même avec ses fanzines, ses groupes (La Souris Déglinguée, Les Garçons Bouchers, Ludwig von 88), ses concerts mal organisés et sa figure de proue : Bérurier Noir. Les Bérus ont hérité des punks anglo-saxons leur manque total de considération pour la virtuosité musicale : une boîte à rythme (Dédé), une guitare saturée (Loran) et un chanteur (Fanfan) suffisent pour créer des morceaux violents, sourds, répétitifs et incantatoires. Mais le punk 'à la française' se dote en plus d'un engagement presque systématique et plus lisible hérité de Brassens ou de Ferré, traversé d'idéaux libertaires et antiracistes. Comme Trust, alors ? Non : Bérurier Noir sait aussi rigoler. Leur célébration de la solidarité s'accompagne de celle de la bière, le nectar favori du keupon, et le groupe, d'abord réduit aux seuls Loran et Fanfan, devient un troupeau après l'arrivée de saxophonistes, de clowns, de magiciens...

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