Le dossier du mois : 42 ans après sa mort, sa flamme brille encore ...

CHE GUEVARA

De la Sierra-Maestra à la Higuera.
Je vois, la nuit, dans mes rêves,
un fantôme cigare aux lèvres,
il chevauche.
De la Sierra-Maestra à la Higuera.
A dos d'âne, solitaire,
il chevauche.
Sur sa monture, récite Pablo Neruda.

De la Sierra-Maestra à la Higuera.
Il fait le tour de la terre en silence.
Dans son sac, des livres, un carnet, un stylo.
En bandoulière, un fusil pour le maquis.
Ne comptant plus le temps, il tourne et tourne.
De la Sierra-Maestra à la Higuera.
A la recherche du passage, de l'autre chemin.

De la Sierra-Maestra à la Higuera.
Solitaire, un fantôme à dos d'âne.
Sur son béret une étoile, comme une couronne.
De la Sierra-Maestra à la Higuera.
Sur son âne, le temps s'est figé, solitaire.
Le temps s'est sali de tortures et d'ordures.

De la Sierra-Maestra à la Higuera.
Chevauche un fantôme à dos d'âne.
D'une rafale, un jour d'octobre,
il est tombé pieds nus dans le vent.
Il est tombé pour toujours brisant son stylo.
A la croisée du chemin, il est tombé.

De la Sierra-Maestra à la Higuera.
Il est tombé souriant aux mains des Seigneurs,
qui depuis font bombance et de notre peine se moquent.
Il est tombé avec son béret, comme une couronne.
De la Sierra-Maestra à la Higuera.
Un fantôme chevauche à dos d'âne.
Et son étoile brille maintenant dans nos yeux.
De la Sierra-Maestra à la Higuera

Pierre Lalanne
Janvier, 1998
POEME EN HOMMAGE AU COMANDANT CHE GUEVARA; publié dans l'ESPACE CHE GUEVARA 

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