50 ans de la révolution Cubaine

Fernando Martinez Heredia est professeur d’histoire et de philosophie marxiste, lauréat du prix des sciences sociales de Cuba en 2007. Pour l’Humanité, il revient sur le cinquantenaire de la révolution cubaine.

Le cinquantième anniversaire de la révolution cubaine est-il finalement une date propice pour mesurer la portée de cet événement à Cuba mais également à l’échelle du continent ?

Fernando Martinez Heredia. Pour Cuba, il s’agit sans aucun doute de l’événement le plus important de la seconde moitié du XXe°siècle. Pour l’Amérique latine, ce fut un partage des eaux. Ce continent sortait de l’étape de la post-guerre. Dans plusieurs pays, les gouvernements de bases populaires perdaient du terrain. Nous assistions à l’étape de substitution des importations. Ils s’intégraient sérieusement au capitalisme mondial et aux États-Unis. Cuba, à l’époque, est depuis soixante ans la néo-colonie modèle pour l’Amérique latine. Et le modèle pour les États-Unis, principal agent néocolonialiste de l’histoire. Cuba est un petit pays mais d’une importance stratégique. Il a une forte dynamique économique depuis le XIXe siècle. Le montant des investissements des États-Unis, qui était le plus important en Amérique latine, reposait sur la mono-production, et la concentration de la terre. Cependant, le modèle politique était extraordinairement développé. Cuba a une histoire propre, nationale. Il se constitue comme République démocratique à l’aune du XXe siècle au terme d’un processus politique où l’énorme division ethnique et culturelle a été conjurée.

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